Le bâtiment de la médiathèque de Biarritz est salué pour son intégration esthétique dans le quartier des Rocailles. Plus aucune voix ne s'élève pour dénoncer son existence et son coût de fonctionnement. Hier en début d'après-midi, il a pourtant essuyé une vague de critiques… pour son accessibilité.
À 1 000 jours du 1er janvier 2015 qui doit marquer la mise aux normes d'accessibilité de tous les établissements recevant du public (1), des associations ont fait le test grandeur nature, avec cannes et fauteuil. Composé de Valentin Haüy, Handiplage, Alegria, et l'Association des paralysés de France (APF), ce collectif représente une partie importante des personnes en situation de handicap sur le département.
« Nous souhaitons alerter l'opinion publique du retard pris chaque jour et parfois du manque de volonté politique, dans le respect des lois votées en 2005 par les élus de la République. Parfois ceux-là même qui ne l'appliquent pas à leurs communes », explique sans ménagement Jean-Paul Beret, président de l'APF.
Un catalogue de doléances
En choisissant Biarritz, le collectif ne souhaitait pas montrer du doigt une seule commune ou un seul maire, mais dénoncer « le manque de concertation, qui entraîne le plus souvent des malfaçons, des erreurs et entraîne des surcoûts pour la collectivité ».
Le collectif, sur ce point, possède sur Biarritz un catalogue de doléances assez fourni. « Le dernier exemple en date concerne la Cité de l'océan, inaugurée il y a moins d'un an. L'accès avec des pavés a été refait à grands frais. Et pourtant, il n'est toujours pas adapté. Les roues des fauteuils roulants se coincent et s'embourbent et les mal voyants avec des cannes, vivent un calvaire, surtout s'ils sont seuls. Nous sommes inquiets car le travail qui reste d'ici 2015 est immense. À Biarritz, nous avons été obligés d'en appeler au préfet pour qu'il demande au maire de créer une commission communale d'accessibilité. Aujourd'hui, il n'y a qu'un comité de pilotage, créé lui aussi sous la pression », souligne encore Jean-Paul Beret, président de l'APF.
Selon Brigitte Pradier, conseillère municipale chargée de ces questions d'accessibilité et de handicap, une ligne budgétaire vient d'être allouée sur Biarritz pour mener à bien les travaux et aménagements. Le travail est immense comme le montrent Raymond et Véronique, deux mal voyants. « Dans la médiathèque, il n'y a pas de bande podotactile ni de bande de guidage par exemple. Idem sur les trottoirs et les escaliers. Ces manques empêchent toute autonomie des personnes handicapées. »
Le collectif montre que des petites communes peuvent montrer l'exemple, comme Briscous, qui a revu sa voirie. Il encourage les initiatives d'accessibilité menées depuis plusieurs années à Bayonne, Anglet, Saint-Jean-de-Luz.
(1) La loi du 11 février 2005 prévoit qu'à cette date, voiries et transports en commun devaient être accessibles dans les communes de plus de 5 000 habitants.
Source: SUD OUEST