• Le Sénat vote pour une France inaccessible !

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    Le Sénat a adopté hier, en 2e lecture, la proposition de loi Paul Blanc visant à améliorer le fonctionnement des MDPH, conformément au vote de l'Assemblée nationale en février dernier. La loi a donc été adoptée avec les différentes mesures permettant des dérogations pour les bâtiments neufs.

    Si cette proposition de loi prévoit des dispositifs favorables aux MDPH et aux questions de l'emploi (reconnu par tous les sénateurs, quels que soient le groupe parlementaire), c'est bien sur l'accessibilité (les articles 14 bis et 14 ter) que cette proposition de loi est scandaleuse !

    L'Association des Paralysés de France (APF) condamne fermement ces possibilités de dérogations qui sont contraires à la convention de l'ONU relative aux droits des personnes en situation de handicap et la loi handicap de 2005 et qui font des personnes en situation de handicap, des citoyens de seconde zone, ne pouvant pas circuler librement.


    Hier soir, la délégation de l'APF n'a pas pu accéder à l'hémicycle du Sénat, comme tout citoyen, en raison de l'inaccessibilité de l'espace réservé au public. Le salon mis à disposition ne permettait pas de suivre les débats dans de bonnes conditions.

    Pour télécharger le communiqué de presse complet, CLIQUEZ ICI

     

  • Question à Isabelle, adhérente/bénévoles à l'APF et « Indignée de Bayonne »

    IMG_0669.JPGIsabelle, peux-tu nous parler du mouvement des « Indignés de Bayonne ?

    « Après un appel lancé le 21 mai, où une vingtaine de personnes se sont réunis, le Village des Indignés est né le 25 du même mois.

    Ce mouvement est le résultat d'un "ras-le-bol" général. Il y a beaucoup de choses qui nous indignent dans ce système qui n'est plus le nôtre. Nous ne nous sentons plus identifiés par les représentants du gouvernement.


    Depuis le début, ce campement a été ouvert à tous, quel que soit la classe sociale, l'identité politique ou les idées. De ce fait, la diversité est très présente, un lien se crée d'individu à individu, et a réussi à créer une pensée collective:
    l'inclusion dans notre société.

    Au fil des jours nous nous rendons compte que l'un des problèmes le plus important est celui du logement.

    Il y a beaucoup de personnes qui vivent dans la rue, dont une est en situation de handicap. Ces personnes veulent trouver un toit, mais nous vivons dans une société ou les démarches sociales ressemblent à une spirale, où on n'arrive jamais au but. Des assistants sociaux débordés ou incompétents (!!!???).

    En outre, l'alcool peut être considéré comme un problème majeur dans la société de nos jours. Nous utilisons l'alcool comme moyen de sociabilisation, et nous ne nous rendons pas compte que son effet provoque tout le contraire; dépendance, isolement, "endormissement" de nos idées...


    De plus, un bon nombre de revendications sont en train de se développer :

    • le pouvoir des banques,
    • l'anticapitalisme,
    • le respect de l'environnement,
    • l'exclusion (dont font parti aussi les personnes en situation de handicap)... et la liste continue...

    Notre Village ne sera pas éternel, mais nous avons l'intention de continuer avec le mouvement non violent par le biais d'actions et des Assemblés Générales régulièrement.

    Et vous, c'est quoi qui vous indigne? »

    Merci Isabelle, peut-être que nos lecteurs répondrons à ta question dans les commentaires !

  • Oui à l'accessibilité universelle ! Non aux dérogations !

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    DES BATONS DANS LES ROUES!!

    En 1975, une loi demandait de rendre accessibles les bâtiments et transports en France. Non suivie d'effets car sans moyens et sans délais, il a fallu attendre 30 ans et la loi « handicap » de 2005 pour voir fixé un délai : la France doit être accessible en 2015 !

    Rendre accessible[1] ? Les maîtres d'ouvrage (collectivités publiques, entreprises privées, professions libérales, gérants d'espaces de loisirs et de sports...) n'y voient que des normes et des coûts supplémentaires en oubliant d'une part l'objectif initial de la loi, et d'autre part la possibilité de construire sans surcoût.

    Aujourd'hui, les parlementaires nous mettent des bâtons dans les roues !

    Ils viennent de céder aux pressions des lobbies dans une proposition de loi, nommée « proposition de loi Paul Blanc », votée en 1ère lecture au Sénat, puis à l'Assemblée nationale, en voulant déroger au principe d'accessibilité... dès la construction de certains bâtiments neufs !

    Citoyens, nous considérons que la liberté d'accéder à tous les lieux publics, aux logements, aux transports est un droit fondamental, universel, basé sur la dignité humaine, qui s'inscrit dans un principe de non-discrimination.

    Qui accepterait au quotidien de ne pas pouvoir entrer dans sa boulangerie, de passer par les sous-sols et les monte-charge pour accéder à des services administratifs ou à des salles de spectacles, de ne pouvoir prendre que quelques  transports publics, de n'avoir que quelques dizaines de logements sociaux accessibles dans une ville de 100 000 habitants... ? La bonne volonté et l'aide pour franchir des obstacles ne sauraient suffire : chacun doit pouvoir être autonome dans ses déplacements !

    Pour une « France accessible », l'APF rappelle que :

    1. Le principe d'accessibilité ne répond pas à une demande catégorielle émanant d'un public spécifique. Il constitue aussi un enjeu de société en termes d'urbanisme et d'aménagement du territoire : personnes âgées, blessés temporaires, parents avec poussettes, voyageurs avec une valise encombrante... chacun est concerné ! Sans compter le confort procuré aux personnes valides !
    2. Rendre accessible c'est tout simplement rendre les personnes libres de se déplacer, rompre l'isolement, permettre la rencontre des différences dans la société et donc lutter contre les préjugés. Le « vivre ensemble » n'est pas négociable !
    3. Personne n'a concrètement réussi à prouver qu'il n'était pas possible de rendre une construction neuve accessible pour des raisons techniques. Ce qui apparaît infaisable ou coûteux est en fait plutôt lié à une méconnaissance de la règlementation et à un manque de formation car des solutions techniques existent. Un bâtiment doit s'adapter aux besoins des hommes, et non l'inverse !

    Parce que l'Association des Paralysés de France défend l'autonomie, la liberté et la dignité des personnes en situation de handicap,

    Parce que pour l'APF, l'accessibilité concerne chacun d'entre nous aujourd'hui et demain,

    Parce l'APF a comme ambition une société ouverte à tous, solidaire et sans préjugés, et que cette ambition dépasse le champ catégoriel du handicap,

    L'APF demande au gouvernement et à chaque parlementaire d'introduire le principe de la conception universelle dans la législation française relative à l'accessibilité notamment dans la proposition de loi Paul Blanc lors de la 2nde lecture, conformément à la convention internationale de l'ONU relative aux droits des personnes handicapées.

    L'APF demande le retrait voire le rejet de toutes dispositions législatives et règlementaires dérogeant, pour les constructions neuves, aux principes d'accessibilité et de conception universelle.

    L'APF demande à chaque citoyen son soutien par la signature de cette pétition.

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    [1] Définition

    « Est considéré comme accessible aux personnes handicapées tout bâtiment ou aménagement permettant, dans des conditions normales de fonctionnement, à des personnes handicapées, avec la plus grande autonomie possible, de circuler, d'accéder aux locaux et équipements, d'utiliser les équipements, de se repérer, de communiquer et de bénéficier des prestations en vue desquelles cet établissement ou cette installation a été conçue. Les conditions d'accès des personnes handicapées doivent être les mêmes que celles des personnes valides ou, à défaut, présenter une qualité d'usage équivalente. » (Loi handicap 11 février 2005)