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accessibilité; collectif associatif

  • Les associations s’inquiètent pour l’accessibilité

    p008_01_11484.jpgJOURNAL DU PAYS BASQUE DU 7.04.2012:Jeudi, sur le parvis de la médiathèque de Biarritz, les associations de personnes en situation de handicap du Pays Basque (Valentin Haüy, Handiplage, Alegria et l’Association des paralysés de France) ont donné un rendez-vous symbolique 1 000 jours avant le premier janvier 2015, date à laquelle la chaîne du déplacement devra être réalisée. Un petit groupe de personnes était réuni.

    Selon la loi du 11 février 2005 pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées, “la chaîne du déplacement, qui comprend le cadre bâti, la voirie, les aménagements des espaces publics, les systèmes de transport et leur intermodalité, est organisée pour permettre son accessibilité dans sa totalité aux personnes handicapées ou à mobilité réduite”.

    Les membres de ces diverses associations ont choisi la médiathèque de Biarritz car il s’agit d’un bâtiment public suscitant inquiétudes et crispations. “Nous craignons vraiment que l’objectif prévu par la loi ne le soit pas à temps”, avancent les personnes rassemblées devant l’édifice culturel. Et ils ajoutent souhaiter “alerter l’opinion publique du retard pris chaque jour, du manque de volonté politique, dans le respect des lois votées en 2005 par les élus de la République, parfois ceux-là même qui ne l’appliquent pas à leur commune”.

    Par exemple, la vignette indiquant l’existence de places handicapées dans le parking souterrain est très peu visible. De même, la porte d’entrée est difficile à ouvrir pour les personnes se déplaçant en fauteuil roulant. “Il y a une autre porte et une sonnette. Il faut appeler pour qu’on vienne nous ouvrir. On se demande si c’est à la tête du client”, tempère Ramon Espi, membre de l’association Handiplage, en souriant.

    La médiathèque n’est pas le seul parent pauvre de l’accessibilité. La chaîne des déplacements en ville est loin d’être assurée. “Il y a un saupoudrage de mesures ; mais on ne voit aucune cohérence émerger”, indiquent les membres des associations rassemblées. Ils ont, du reste, “décidé de mener une action sur le terrain pour démontrer ce retard et le défaut d’accessibilité des lieux publics et des transports, qui empêche toute autonomie des personnes handicapées”. La signalétique Handiplage fait ainsi défaut : au croisemen  t de la rue Maison-Suisse et de l’avenue de Verdun, une jeune femme en fauteuil roulant essaie, en vain, de suivre le tracé. La pente est raide. Elle ne tombe pas de peu, grâce à l’aide de ses amis.

    Au sujet du thème du handicap, deux courants se sont différenciés : un premier, dit médical, postule un état résultant d’une pathologie, maladie ou accident ; un second, dit anthropologique ou social, envisage le handicap par le prisme d’une confrontation entre un être humain et ses capacités, d’une part, et son environnement défini par un certain nombre d’exigences à la fois physiques et morales, d’autre part. En d’autres termes, et la démonstration faite jeudi dernier en témoigne nettement, les personnes en situation de handicap pâtissent d’obstacles pour circuler de façon autonome, ce qui fait affleurer des “stigmates” que la loi se doit d’effacer. Malheureusement, conclut Ramon Espi “on a l’impression que l’on cache tout ce qui a été fait afin de faciliter l’accès. Ce qui soulève un problème à la fois moral et pratique”.

    Source: Semaine du Pays Basque

  • ACCESSIBILITE: LES ASSOCIATIONS DE PERSONNES EN SITUATION DE HANDICAP TIRENT LE SIGNAL D'ALARME

    JOURNAL SUD OUEST DU 06.04.2012: Les associations de personnes en situation de handicap du Pays basque s'étaient donné rendez-vous hier, en ville, afin d'alerter élus et opinion publique sur leurs problèmes.

    Par manque de coordination, nombre de lieux publics sont difficiles d'accès. Démonstration hier à la médiathèque de Biarritz, prise comme exemple par le collectif d'associations.

    Par manque de coordination, nombre de lieux publics sont difficiles d'accès. Démonstration hier à la médiathèque de Biarritz, prise comme exemple par le collectif d'associations. (photo patrick bernière)

    Le bâtiment de la médiathèque de Biarritz est salué pour son intégration esthétique dans le quartier des Rocailles. Plus aucune voix ne s'élève pour dénoncer son existence et son coût de fonctionnement. Hier en début d'après-midi, il a pourtant essuyé une vague de critiques… pour son accessibilité.

    À 1 000 jours du 1er janvier 2015 qui doit marquer la mise aux normes d'accessibilité de tous les établissements recevant du public (1), des associations ont fait le test grandeur nature, avec cannes et fauteuil. Composé de Valentin Haüy, Handiplage, Alegria, et l'Association des paralysés de France (APF), ce collectif représente une partie importante des personnes en situation de handicap sur le département.

    « Nous souhaitons alerter l'opinion publique du retard pris chaque jour et parfois du manque de volonté politique, dans le respect des lois votées en 2005 par les élus de la République. Parfois ceux-là même qui ne l'appliquent pas à leurs communes », explique sans ménagement Jean-Paul Beret, président de l'APF.

    Un catalogue de doléances

    En choisissant Biarritz, le collectif ne souhaitait pas montrer du doigt une seule commune ou un seul maire, mais dénoncer « le manque de concertation, qui entraîne le plus souvent des malfaçons, des erreurs et entraîne des surcoûts pour la collectivité ».

    Le collectif, sur ce point, possède sur Biarritz un catalogue de doléances assez fourni. « Le dernier exemple en date concerne la Cité de l'océan, inaugurée il y a moins d'un an. L'accès avec des pavés a été refait à grands frais. Et pourtant, il n'est toujours pas adapté. Les roues des fauteuils roulants se coincent et s'embourbent et les mal voyants avec des cannes, vivent un calvaire, surtout s'ils sont seuls. Nous sommes inquiets car le travail qui reste d'ici 2015 est immense. À Biarritz, nous avons été obligés d'en appeler au préfet pour qu'il demande au maire de créer une commission communale d'accessibilité. Aujourd'hui, il n'y a qu'un comité de pilotage, créé lui aussi sous la pression », souligne encore Jean-Paul Beret, président de l'APF.

    Selon Brigitte Pradier, conseillère municipale chargée de ces questions d'accessibilité et de handicap, une ligne budgétaire vient d'être allouée sur Biarritz pour mener à bien les travaux et aménagements. Le travail est immense comme le montrent Raymond et Véronique, deux mal voyants. « Dans la médiathèque, il n'y a pas de bande podotactile ni de bande de guidage par exemple. Idem sur les trottoirs et les escaliers. Ces manques empêchent toute autonomie des personnes handicapées. »

    Le collectif montre que des petites communes peuvent montrer l'exemple, comme Briscous, qui a revu sa voirie. Il encourage les initiatives d'accessibilité menées depuis plusieurs années à Bayonne, Anglet, Saint-Jean-de-Luz.

    (1) La loi du 11 février 2005 prévoit qu'à cette date, voiries et transports en commun devaient être accessibles dans les communes de plus de 5 000 habitants.

    Source: SUD OUEST